Grand Est, acteurs de terrains et institutions s’allient pour renforcer la prévention du cancer du c

Mis à jour : juil. 26




« Il reste beaucoup d’efforts à réaliser sur la région », Christophe Lannelongue, Directeur Général de l’Agence régionale Grand Est


Ce cancer mérite une attention particulière car il existe des moyens de le prévenir avec le dépistage et la vaccination. Dans de nombreux centres, l’Alsace a commencé à organiser le dépistage en 1994, il a depuis beaucoup été développé. Il reste pourtant beaucoup d’efforts à réaliser dans la région et la situation demeure préoccupante. Les disparités dans l’accès au dépistage sont prégnantes et ce n’est pas acceptable. Quant à la vaccination, elle a démontré son efficacité dans les pays étrangers. Malgré cela, la couverture vaccinale en France est faible. Nous espérons pouvoir augmenter cette couverture vaccinale, entre autres grâce à l’expérimentation que nous déploierons prochainement sur le territoire. Car si la région Grand Est reste au-dessus de la moyenne française, son taux de couverture vaccinale contre le HPV n’est que de 29%. De larges progrès restent donc à faire.


C’est pourquoi je suis ravi de voir deux thématiques au programme de la réunion de ce jour : convaincre les professionnels de santé et convaincre le grand public de l’intérêt de la prévention contre le cancer du col de l’utérus. Ces enjeux doivent susciter la mobilisation de l’ensemble des acteurs sur le territoire : professionnels, éducation nationale, institutions, élus. C’est pourquoi un temps de débriefing sera organisé en aval de cette journée pour que chacun des acteurs présents à cette journée du 23 puisse livrer une vision partagée des projets à mener pour renforcer la prévention contre le HPV.


Je finirai par exprimer un espoir. En Grand Est, les citoyens cotisent à hauteur de 18 milliards d’euros pour leur santé. Et nous ne sommes pas encore à la hauteur de cet engagement collectif, et ce malgré des professionnels de santé de grande qualité et des moyens financiers conséquents. Mais il est possible de faire mieux, cela passe par le renforcement du dialogue entre les acteurs de terrain et la co-construction de projets transversaux, toujours dans cette vision de mobilisation territoriale.


Un constat en demi-teinte sur l’information et la formation des professionnels de santé sur les conséquences du HPV ne sont pas suffisantes


La formation initiale devrait être similaire pour tous les étudiants, quelles que soient les professions de santé avec notamment une formation sur la santé publique qui inclut le dépistage et la vaccination. Les lacunes sur le champ de la vaccination dans le cadre de la formation initiale des professionnels de santé font également émerger le besoin de construire des formations de santé publiques incluant les questions de dépistage et de vaccination communes à l’ensemble des filières de santé. Enfin, le service sanitaire constitue un outil intéressant pour diffuser ces messages de prévention. La formation initiale constitue un investissement sur le long terme qui n’est pas négligeable.

En marge de la formation initiale, la formation continue et notamment le développement professionnel continu est assuré par des structures efficaces en région Grand Est. Toutefois les URPS ne sont pas abilité à réaliser cette mission.

Enfin, des moments particuliers existe durant l’année : octobre rose, mars bleu, la semaine européenne de la vaccination. Il est essentiel de profiter de ces moments pour sensibiliser les patients à la question du dépistage et la vaccination contre le HPV, même si ces moments ne doivent pas concentrer l’ensemble du temps de la communication à l’égard de la population. En effet, la sensibilisation du grand public doit être réalisée en continue.

Malgré ces moments opportuns, les professionnels de santé restent parfois désarmés face aux fakenews. Des youtubeurs font ce travail de vulgarisation à destination de la population et il est important de rendre plus efficace la communication entre professionnels de santé qui reste insuffisante actuellement. Les CPTS et les associations de malades ont très certainement un rôle important à jouer.


Organiser la communication institutionnelle et des acteurs de terrain sur l’ensemble de la région Grand Est


Les acteurs ont fait le choix de coordonner leurs actions en matière de communication pour sensibiliser à la question de la prévention du cancer du col de l’utérus, et plus largement des cancers induits par le HPV, les professionnels de santé. Pour se faire, 5 propositions ont émergé de l’atelier « former et informer les professionnels de santé » :

  • inviter des professionnels à des soirées qui pourraient être des moments de formation et d’information dispensés par la Ligue Contre le Cancer et les associations impliquées dans le champ des HPV

  • organiser des soirées thématiques avec toutes les URPS, les CPAM et l’Agence Régionale de Santé (ARS) dans différents sites de la région (centrées sur les bassins de vie)

  • l’ARS pourrait s’adjoindre une agence de communication pour coordonner toutes ces actions

  • envoi par l’ARS, les CPAM ou les URPS de rappels mail sur les objectifs vaccinaux et les grands moments (octobre rose, novembre…)

  • Organiser une soirée one-shot dans tout le Grand Est sur la vaccination et le remboursement du test HPV[1]


La société civile souhaite s’engager dans la prévention du cancer du col de l’utérus en région Grand Est


Le grand public, représenté notamment par les associations de patients, ne se sentent pas suffisamment sur le papillomavirus et ses conséquences sur la santé. Il en est de même pour les moyens de prévention. La vaccination et le sujet du cancer fait encore trop l’objet d’une communication sensationnelle et la prévention ne semble figurer parmi les priorités des politiques publiques de santé. Afin de palier à ce manque d’information, les associations de patients, les professionnels de santé et les collectivités territoriales souhaitent s’engager dans des projets concrets en région Grand Est. Le groupe « sensibiliser le grand public » a donc formuler 3 propositions dans ce sens :

  • rassembler les acteurs de la prévention des infections à HPV (collectivités territoriales, associations, professionnels de santé) au sein d’un comité

  • créer une plateforme en ligne et organiser une campagne d’affichage sur la prévention contre les infections à HPV.

  • solliciter les professionnels de santé pour organiser des formations à destination de personnes relais afin de sensibiliser les populations où la couverture vaccinale et du dépistage sont faibles

  • solliciter les élus locaux, l’éducation nationale, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) et la presse locale lors des actions de sensibilisation pour diffuser le plus largement les messages.

Télécharger les actes du colloque « renforcer la prévention du cancer du col de l’utérus en région Grand Est »

20200306VFActes Colloque Grand-Est
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[1] Le test HPV a été ajouté le 10 février 2020 à la liste des prestations remboursées par l’Assurance Maladie. Son prix est de 27€ : https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000041539649

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